Gendarme : quel est cet insecte qui envahit votre potager ?
Les beaux jours reviennent et revoilà les gendarmes ! Ces petits insectes rouges et noirs nous sont familiers. Ils sont très répandus sous nos climats tempérés mais leur présence inquiète parfois les jardiniers. Alors, le gendarme est-il nuisible ? Qui est-il exactement et quel est son rôle au jardin ?
Un insecte pas très discret
Qu’on le nomme suisse, en référence à la garde du même nom, ou bien cordonnier, cherche-midi, soldat, ou encore punaise de feu, Pyrrhocoris apterus est un insecte célèbre avant tout pour son apparence. Facile à distinguer parmi les végétaux, il arbore sur sa carapace un motif noir et rouge qui ressemble au masque d’un sorcier africain. Celui- ci recouvre deux paires d’ailes, qui sont rarement utilisées car le gendarme ne vole que très peu, parfois jamais.
Il fait partie de la grande famille des punaises, les hétéroptères, mais il est facile de le différencier de ses cousines telles que la punaise écuyère Lygaeus equestris (au motif différent) ou la punaise du tilleul Oxycarenus lavaterae (beaucoup plus noire), elles aussi inoffensives.

Le cycle de vie d’une saison
Le gendarme fait son apparition dans nos jardins au début du printemps et entame directement la saison par la recherche d’un ou d’une partenaire. Une fois l’accouplement réalisé, la femelle pond une cinquantaine d’œufs d’environ 0.5 mm qu’elle prend soin de déposer en grappe à l’abri de la sécheresse et des prédateurs, généralement sous terre ou sous une feuille. Les œufs se transforment en larves puis les jeunes adultes sortent vers la fin de l’été. Ils ont à peine de temps de faire quelques réserves avant de se mettre à l’abri pour l’hiver et de se plonger en hibernation.

Inoffensif pour l’homme et les végétaux
Insecte grégaire, on retrouve souvent le gendarme agglutiné en petits groupes sur des murs ou des troncs d’arbres chauffés par le soleil. Bien que ses rassemblements suscitent parfois l’inquiétude, le gendarme est totalement inoffensif pour l’homme comme pour les fruits ou les légumes du potager. Il ne pique pas, il ne mord pas et il ne peut pas non plus grignoter les feuilles comme on l’entend souvent dire.
C’est un phylophage, autrement dit, il se nourrit de liquide, comme les papillons, et il n’a pas de mandibules. Il se régale de la sève des hibiscus, des ormes ou des tilleuls dont il aspire l’intérieur des fruits et des graines. Mais il peut aussi se montrer nécrophage à ses heures et il apprécie quelques cadavres d’insectes. Il participe ainsi à la dégradation de la matière organique.
En outre, comme c’est le cas pour la coccinelle, les pucerons morts ou vifs constituent pour lui un repas de choix. C’est donc un véritable auxiliaire en permaculture, au même titre que les araignées, les lombrics ou les syrphes, et il mérite toute notre bienveillance.
Mirabeille
il y a 4 ansAinsi que le perce-oreille qui a eu longtemps mauvaise presse mais qui est un ami du jardinier